4 contenus qui m’ont réconcilié avec Internet

Internet et moi, nous nous sommes un peu quittés en froid en 2020.

Il y a eu le contexte que l’on sait, et tout ce ras le bol ambiant de voir les gens s’entre déchirer sur tous les sujets (les masques, les maîtres du monde, l’âme des raviolis et des concombres).

Le paradoxe étrange de toutes ces publications qui incitent au développement de soi, à la compréhension de l’autre et au zen, qui côtoient celles où l’on célèbre ou décrie le derrière de telle personne.

Si Internet m’avait toujours paru ressembler à cette bibliothèque immense, ce lieu d’amusement, de curiosité, de tous les possibles, j’ai songé qu’il s’était peut être transformé en cet endroit où les gens adorent se contempler le nombril (le leur et celui du voisin) plutôt que de songer à avoir un impact positif sur le monde.

Je me suis demandée si moi aussi, je ne m’étais pas transformée en une grosse machine à vanité, perdue entre un article sur le kale et les petits chats mignons. Puis j’ai fait un break, un gros “reset” comme on dit. J’ai considéré qu’Internet n’avait pas grand chose à se reprocher au fond, qu’il ne reflète que ce que nous sommes, lui donnons, ou lui demandons. Nos aspects brillants comme les plus moches.

J’ai décidé qu’il était temps de partager pour de vrai, des choses qui font du bien, des choses qui me tiennent à coeur, de la création, des morceaux de vie significatifs ou qui sont là juste pour le plaisir d’une histoire. Juste pour le plaisir de.

Je me suis souvenue aussi que j’aimais apprendre, écouter, lire, regarder, et qu’Internet m’avait permis de découvrir tout un tas de gens, de choses, que j’aime et qui m’ont apportés quelque chose. Quelque chose d’important, à ma petite échelle.

Voici un condensé de quelques exemples qui m’ont un peu redonné foi en l’Internet (ceci et le fromage, il faut le dire).

1. Lucile Woodward ou « Le sport, ce n’est pas que de la douleur dans ton corps et de la guerre au gras » (FR)

Pendant des années, j’ai préféré avalé des poignées de clous plutôt que de me lancer dans une quelconque activité sportive, car pourquoi se forcer à sentir des douleurs corporelles incongrues alors que manger des cookies devant Netflix est si doux ?

Le seul sport qui trouvait grâce à mes yeux était le ballon prisonnier, une activité qui malheureusement en France restait cantonnée aux êtres de moins de 12 ans (un fait fort paradoxal quand on pense que potentiellement, cette saine activité servait à se fracasser joyeusement la face à coup de pierres).

Je connaissais également parmi les quelques férus de sports qui m’entouraient certains qui avaient un rapport étrange de culpabilité avec ce domaine, un rapport nommé « La flagellation de la cacahuète ». Ce syndrome se traduisait par l’équation suivante : « Je mange trois cacahuètes = j’ausculte le gras de cette cacahuète se propager tel un venin dans mon organisme = je lui fais sa fête et la mienne en m’astreignant à un régime drastique fait de fibres de courgettes pendant deux semaines et de 8 heures de sport par jour ». Autant vous dire que les cacahuètes (et moi également). préféraient se pendre elles-mêmes dans leur propre sachet plutôt que d’infliger pareilles souffrances à un être humain.

Ces gens souffraient aussi de cet autre syndrome auquel peuvent-être soumis de nombreux êtres humains : « Je suis moche. Et c’est avant tout la faute de cette cacahuète et de mon gras ». Sauf que l’absence de gras peut rendre les gens plus sveltes mais pas forcément plus beaux. J’ai connu des gens considérés comme gros et rayonnants de beauté, et d’autres minces mais tout particulièrement moches, avec une âme de tortionnaires de petits chats (demandez à Luka Magnotta). Ce que mon humble expérience m’a au final dictée, c’est que ce nez tordu, cette bizarre configuration de menton, de gras ou d’oreilles, ne sont pas au fond le cœur du problème. Et qu’au final 100 squats, une surveillance au fil près de sa garde-robe ne changeront rien à la donne. Si vous n’êtes pas fichus d’être un peu sympa envers-vous même, qui donc pourra le faire pour vous ?

En 2016, j’avais découvert Lucile et l’importance de maintenir ses passions adolescentes en vie (je parle ici d’écriture et non de masturbation. Je ne ne juge pas hein, encore une fois, c’est important de s’aimer). En l’an 2016, donc, Jeanjean, mon ex-coloc, et moi-même nous étions lancés dans une grand opération Décathlon. Mon avis sur le sport n’avait guère changé, mais Jeanjean avait accompli deux miracles : celui de me faire aimer les concombres, et d’entrapercevoir que le sport servait aussi à se faire du bien (Il faisait d’excellentes galettes aux tomates séchées et au chèvre, chose qui n’a aucun lien, mais qui vaut la peine d’être mentionnée).

C’est après une expérience en salle plus qu’incongrue, celle où Jeanjean s’était vu malmené par une prof zélée de Body pump parce qu’il ne positionnait pas son derrière de la bonne façon (Remarquez, j’étais contente qu’il fasse diversion, parce que généralement c’était ma personne qui faisait les frais de l’ire des instructeurs : « Émilie, on garde le dos droit ! Émilie on ne joue pas dans les tapis gym ! Émilieeeee, on ne saute pas dans la piscine en faisant la bombe ! »), que nous avions acquis notre attirail sportif (deux tapis en mousse qui me rappelaient la matière de mes frites bien-aimées de piscine, et des poids) pour s’entraîner à la maison. Autant vous dire que, dès le départ, Jeanjean était capable de faire des pompes sur un doigt pendant trente minutes (j’exagère à peine) quand j’en étais encore à me rouler sur mon tapis (j’ai toujours adoré la matière des frites de piscine….).

Le déclic, celui qui m’a sortie le nez de mon addiction au tapis en mousse, a pris la forme de Lucile.

Si je peux avoir une volonté hors du commun pour certaines choses (décortiquer les pistaches les plus coriaces, lire un essai de 900 pages sur les grains de riz parce que pourquoi pas, apprendre la chorégraphie de Thriller par cœur en dépit de mes soucis de coordination), m’amener `a des choses comme le sport demandait le bon dosage de bienveillance, d’autonomie et de conscience du monde. Entre le « Ce n’est pas grave si tu sues comme un boeuf sans arriver à toucher tes orteils, c’est une situation corporelle, pas une compétition ! », le fait que l’on ne me prenne pas pour une quiche (au fond, en dépit de toute la bienveillance du monde, il n’y a que moi qui puise décider d’en finir avec addiction au tapis de mousse), et l’importance de l’inscription de son corps dans cette planète (je peux non seulement me faire du bien, manger du gras, et surtout manger du bon gras éthique. Ou comment le beurre de cacahuètes a changé mon existence), Lucile s’est inscrite comme une personne à part entière dans mon quotidien.

Les choses apprises :
* Manger sain c’est bien, mais quand l’appel du gras est là, il faut savoir y répondre (ou le fameux et très décomplexant « 80% sain 20% trash » de Lucile qui laisse la place à des frites ou une bonne fondue des familles quand l’envie s’en fait sentir. Si je n’ai jamais été du genre à me flageller quant à la nourriture, cette indice m’a plutôt donné une bonne idée de comment gérer mes envies de gras, sans avoir à mourir des ballonnements qui s’en suivent ).

* Manger sain c’est bien, et manger en pleine conscience, c’est encore mieux (mon amour du sucre reste sans égal, mais le fait-maison prime la plupart du temps, tout comme la priorité donnée aux produits locaux).


*Le sport n’est pas là que pour vous donner un corps de fusée, mais surtout pour aider votre esprit à survivre à l’existence (En 2020, Lucile a été l’un de mes garde-fous dans le contexte que l’on sait. Et l’entendre chaque matin me dire de contracter mes fessiers avec bienveillance me faisait oublier pour 40 minutes les gens qui se battaient au sujet du masque sur les réseaux sociaux).

2. Cerno : l’anti-enquête ou « Quand je serai grande, je serai Julien Cernobori » (FR)

Il y a ces personnes dans la vie qui vous connaissent mieux que quiconque, et parfois mieux que vous même. De ces personnes qui savent exactement ce que votre sourcil remonté veut dire (« J’ai faim, et je vais te dévorer l’avant-bras si tu ne me nourris pas dans la seconde »), ce qu’il se cache derrière vos silences (« Je suis triste, mais je préfère souffrir et me drapper dans ma propre dignité. À moins que tu me grattes le dos, me fasse un thé, ou me demande pour la 3ème fois ce qui ne va pas »), ou vos sourires (« Je me suis coincée un nerf fessier et je ne sais pas comment lever en conservant ma superbe. HELP ! »).

Ce sont ces mêmes personnes qui vous offrent du réconfort existentiel : un thé, un truc bon à manger, un gif d’écureuil qui danse…

… Ou cette recommandation de podcast qui est exactement ce que vous aviez envie/besoin d’écouter.

C’est amusant, parce qu’il m’a fallu presque huit mois avant de me plonger dans l’univers de « Cerno : l’anti-enquête« , alors que ce podcast audio avait tout ce qu’il fallait pour m’en rendre accro à tout jamais (vous noterez à quel point je suis quelqu’un de mesurée dans mes propros, jamais dans l’extrême) :

1. Un thème liée à la tendance du « True Crime »…
2. … Mais surtout une histoire de transmission (et vous devez commencer à connaître ma passion pour les thèmes de transmission et de podcast) de ce qu’il reste des années après des victimes et de leur héritage (un éclairage sur ces dernières, bien au-delà de la simple fascination que peut exercer la nature du serial killer).
3. L’intervention du quotidien et de l’ordinaire dans une enquête qui est avant tout une histoire de rencontre et de récits (ou comment Julien Cernobori, le protagoniste et créateur de ce podcast, se retrouve aussi bien à parler d’histoires d’enfance, de courses, de vie de quartier, de violence ou de passions ordinaires avec des inconnus).

Huit mois où l’on me rappelait : « Mais tu devrais écouter Cernoooo…. Tu vas voir, tu vas nous en faire des caisses, tellement tu vas l’aimer », « Bah alors, toujours pas commencé ? Je te recommande des trucs, je te fais du thé, mais ça n’a pas l’air de t’emballer, hein… » (il faut dire qu’en 2020, j’étais un peu en mode burn-out de la vie, et ce, bien avant le Covid).

Et un soir, alors que je contemplais la liste des choses auxquelles mon burn-out existentiel m’avait rendu aveugle, je me suis décidée à me lancer dans cette fameuse anti-enquête.

Ce que je peux en dire depuis ? C’est que non seulement mes dimanches ne sont plus les mêmes (à moi le rituel du nouvel épisode tout en me tartinant d’huile très grasse), que le travail de Julien Cernobori est un peu ce à quoi j’aspire en termes de narration et d’indépendance. Son sujet me passionne, et bien au-delà, sa manière d’aborder chaque interview, avec ce côté terriblement humain, fait pour moi fait toute la différence. Lorsqu’il se retrouve dans un cimetière avec une dame qui donne à manger à des chats, où qu’on le sent en panique à un moment clé de l’enquête (celui où l’un des protagonistes des crimes est plus proche que jamais), ou encore lorsqu’il se fait hurler dessus parce que c’est bien connu, les gens avec des micros sont tous des suppôts de satan, on se retrouve dans un degré d’immersion assez inouï.

Les choses apprises :
* Julien Cernobori traite à sa manière le « podcast dont vous êtes le héros », l’un des aspects qui très certainement a eu cet effet addictif sur ma personne : via son Patreon, sa communauté est invitée à participer et à s’impliquer dans son enquête (ce podcast est par ailleurs un projet au long cours, que son auteur laisse vivre et se développer en fonction de ses rencontres, recherches, et envies).

* Le sel de ce podcast est également à mes yeux cette capacité à se laisser surprendre par les rencontres humaines. En se rendant sur place, dans les quartiers où vivaient les victimes, Julien Cernobori s’imprègne d’un lieu, d’une atmosphère, au détour de quelques mots ou de longs entretiens avec des passants et inconnus. Il arrive souvent qu’au fond, certains d’entre eux ne soient aucunément liés à l’enquête, mais quand bien même, leurs témoignages font partie intégrante de l’esprit de ce podcast.


* Ne laissez pas trainer vos grands-mères (soit l’un des meilleurs détournements d’NTM jamais réalisés).

3. The School of Life ou « Comment j’ai réduit mes recherches sur les arbres en forme de nouille » (EN)

Comme je le disais précedemment, Internet ne cesse de m’émerveiller et de me remplir d’effroi. J’ai un rapport d’amour/haine qui s’est quelque peu développé puis apaisé avec ce média. Pour en avoir été dépourvue pendant ma prime jeunesse (non pas que son utilisation en était interdite, mais Internet est arrivé fort tard pour les gens de ma génération. Aka, je suis une vieille milléniale), Internet était pour moi à ses débuts une source fabuleuse de savoirs en tout genre (allant de questions existentielles sur l’âme des carottes, à la possibilité d’écouter la discographie entière de Radiohead).

Mais une fois la lune de miel achevée, il a fallu composer avec une triste réalité : celle de ces gifs et vidéos de chats mignons toujours prompts à attirer mon attention, celle des bas-fonds de l’âme humaine (lorsque vous en venez à contempler d’un œil torve un type en train de vous parler du jugement dernier et de la domination des termites, ou une énième fake news au sujet de ces sectes de termites qui contrôlent le monde), du bruit incessant des égos d’un seul coup mis sous les feux des projecteurs (je suis ravie que les gens s’aiment bien, qu’être bien ou mal dans son corps soit une question essentielle pour l’être humain, mais je redoute qu’un jour l’humanité ne finisse par s’étourdir dans un fracas de selfies), et des gens qui passent leur temps à s’envoyer du caca sur les réseaux sociaux (visiblement, les gens s’aiment, mais ne s’aiment pas beaucoup entre eux).

J’en suis venue à la conclusion qu’au fond, Internet était un peu comme la Force dans Star Wars : on pouvait choisir d’en faire bon usage, tâcher d’en maîtriser les codes et son impact sur nos vies, ou se vautrer à l’infini dans tout un tas de conneries inutiles (il faut parfois savoir appeler un chat un chat).

Mais comme tout en chacun, la chair est faible, et la mienne l’est particulièrement. Mon historique regorge encore de ces recherches indispensables à l’univers, qui me laissent vissée à mes écrans au lieu de me repaître de livres (je vous laisse apprécier la dernière en date) :

J’ai donc décidé de passer un pacte avec moi-même et le Dieu d’Internet. Si je vois que mes recherches tendent à m’entraîner vers des lieux que l’âme humaine ne devrait pas explorer (les canards, cela va encore, mais je vous fais grâce du nombre de fétichismes étranges auxquels mon esprit s’est sciemment exposé), je souffle un bon coup et me lance dans une découverte sur l’âme humaine, justement.

Ou comment remplacer une recherche sur les fétichistes des néons par une explication sur « Pourquoi vous n’êtes pas un loser ? » ou sur le sentiment de blocage grâce à The School of Life. Ce qui a non seulement l’effet bénéfique de m’aider à comprendre ce qui peut bien se passer dans mon cerveau, mais aussi à reconnecter un peu plus avec notre chère humanité.

The School of Life, c’est un lieu où vous pouvez trouver toutes sortes de réflexions sur des choses essentielles de la vie, qu’il s’agisse de l’exploration des émotions à la relation à l’autre, des problèmes universels, sans oublier une petite plongée dans l’histoire de la philosophie et des idées, et ce avec une attention portée au graphisme et à la vidéo assez remarquable (je suis assez partiale, car je n’ai jamais su résister à un contenu que je considère intelligent qui a le bon goût d’être bien emballé).

Je ne dis pas que toutes mes vieilles habitudes de consultation de l’Internet en ont é´té éradiquées (ce n’est pas le but, j’aime me laisser aller à quelques échappées d’écureuils et de chats en skate), mais ceci m’a permis de rétablir un équilibre beaucoup plus sain (bah oui, j’avais oublié qu’Internet servait avant tout à se développer et non pas à comtempler un montage des fesses de mon voisin qui parlent).

Les choses apprises :
* La fameuse balance du corps et de l’esprit et l’intelligence émotionnelle : vous savez, cette éternelle dualité que l’on oppose entre notre cerveau et notre corps ? Ou encore entre notre rationnalité et nos émotions ? C’est fou à quel point notre culture, notre sociéte a pu nous forcer à développer l’un au détriment de l’autre, ou à les vivre en éternelle séparation, comme si les émotions nous rendaient parfaitement inaptes à tout point de vue. Il est fou par ailleurs que de nombreuses personnes se refusent à vivre certaines émotions, ou se laissent aller à des explosions émotionnelles sans vouloir les analyser en profondeur par la suite. Bref. Les émotions ne sont pas sales, elles nous envoient juste un message que nous cherchons souvent à étouffer.

* Une explication du sens de la vie est toujours bien plus belle si elle implique du collage et du stop motion.

* Internet ne peut être conçu de façon biblique, avec ses paradis et ses enfers. Internet vit, se propage, et peut nous envoyer autant de choses néfastes que bénéfiques, car après tout, il ne fait qu’obéir à nos recherches, nos envies, et les recoins plus ou moins tordus de notre âme. Autant apprendre à le maîtriser, à s’en protéger lorsque c’est nécessaire, pour en tirer le meilleur parti.

4. Maptia ou « Le monde est découvertes extraordinaires et pas uniquement un gouffre de désespoir sans fond » (EN)

Je ne reviendrai pas sur ce moment que certains d’entre vous ont pu expérimenter. Ce moment de serrage de gorge devant une ancienne photo qui leur rappelait à quel point il est bon de sentir des vents étrangers vous fouetter le visage (on en revient toujours au thème de la flagellation, décidément), ou vous dégustiez quelque chose de bon en terres inconnues, ou vous étiez tout simplement « en voyage ».

Je sais très bien que ce gif a été déjà utilisé sur ce blog.
Mais que voulez-vous, il ne vieillira jamais.

Comme vous, j’ai pu baver de tristesse devant un post où quelqu’un se laissait aller au désarroi en légende (« Mais ces brochettes…. Nom de dieu, tu te souviens de ces brochettes quand on était dans ce restaurant au milieu de nulle part ??? », « Souvenir du moment où nous dansions avec des termites de Guinée »), ou trembloter à la fois d’envie et d’espoir devant les nouvelles de ces amis que la crise du COVID avait quelque peu épargnés (parce qu’ils vivent dans ces endroits où ils peuvent se baigner nus dans des eaux turquoises en grattant des tortues).

Mais une fois ces moments traversés et acceptés, mon esprit a eu envie de se nourrir de ces expériences, de ces ailleurs dont il est si friand (mon esprit se régale souvent de découvertes de gâteaux inconnus à l’étranger), de ces histoires de rencontres qui ne se produisent que dans ces lieux qui vous dépaysent (parce qu’en gros, vous ne captez que dalle à la culture dans laquelle vous vous retrouvez, alors vous n’avez que le choix de vous replier telle une petite huître malmenée par la vie, ou vous ouvrir pour de bon à l’inconnu. C’est ainsi que je me suis retrouvée un jour à faire du ventroglisse, habillée en sac poubelle en plein Budapest avec Meilleur Ami, avec des gens que je ne connaissais pas. Mais c’était il y a longtemps, j’étais plus souple).

Maptia c’est un peu tout ce qu’un voyageur de 2021 peut attendre d’un site consacré au voyage et à l’inconnu : il y est non seulement questions d’histoires de cultures, de rencontres, de découvertes de l’autre, mais aussi de beauté de l’ailleurs à couper le souffle. Il est évident que la philosophie de ce site indépendant a gagné mon adhésion sans trop d’effort : les reportages écrits ou visuels sont le fruit de la vision de créateurs indépendants, guidés par une vraie curiosité et empathie pour l’autre. Le concept de vous immerger dans un voyage/reportage de 7 jours sur un thème précis remplit un peu de cet émerveillement qui nous a un peu fait défaut depuis 2020.

Les choses apprises :
* Se dépayser c’est bien, mais être conscient de l’univers et de la culture de l’autre, c’est un peu le bonus qui fait la différence. Dans l’un des reportages, on suit l’expérience d’une future mère, faisant partie de la tribu des Nénestses, considérés comme les rois de la Toundra : soit des gens qui savent aussi bien s’adapter au -50 qu’au + 35 °C d’un lieu considéré comme l’un des plus inhospitaliers de la planète. Et qui pourtant sont impuissants face à un danger de taille : les conséquences de notre manière de traiter la planete sur leur mode de vie.

* Le choix de la lecture par map est une des idées d’interaction avec le lecteur des plus géniales (comme sur une map Google, vous choisissez un point de la planète et paf, un reportage qui y est associé vous est proposé. Un calendrier de l’avant sans chocolat mais tout aussi excitant).

* Derrière chaque article ou reportage de Maptia, c’est une histoire d’être humain qui se dévoile. Et qui résonne souvent avec le paradoxe de la nôtre.

Je ne sais pas trop quoi dire pour conclure ce post (j’ai toujours été plus douée pour ouvrir des parenthèses que pour les refermer. Mon amour de l’instant et des choses en suspens, je suppose). Je pensais vous faire une recommandation de fromage, mais autant la garder pour de nouvelles aventures.

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