cES trois CHOSES QUI FONT QUE MON MONDE n’est pas un trou noir sans fond

Vos journées , elles sont faites de ces moments où vous construisez des cabanes en Lego, des châteaux forts en coussins dans votre chambre, et de ces croyances magiques qui transforment votre existence en aventure perpétuelle, faite de découvertes excitantes.

Ces croyances, elles transforment votre ville ou votre village en parcours du combattant exaltant (si vous sautez par dessus trois morceaux de pavés en même temps, alors vous aurez un chien). Elles font survenir des choses que vous adorez dans votre quotidien (si vous rattrapez quatre fois une balle que l’on lance, alors c’est sûr, il y aura des crêpes en dessert). Elles laissent la place à tout ce que votre imaginaire peut avoir de loufoque ( Si vous choisissez de ne pas cueillir cette feuille, alors le petit peuple imaginaire qui doit y habiter fera en sorte de vous créer le plus fantastique des lits en coquelicot).

Votre esprit, il ressemble un peu à vos suggestions de vidéos Youtube aléatoires : surprenant, logique dans son propre illogisme, et surtout… sans limites. Dedans, il y a tout un tas de questions existentielles qui s’y bousculent :

  • Quelle est la consistance idéale des céréales (NB: Je fais partie de ces personnes qui vouaient une passion dévorante aux Weetabix, communément qualifiées par mes camarades de l’époque comme « céréales nulles ». Il n’y a rien de plus beau que ce petit amas de céréales qui résume à lui-seul l’absurdité de l’existence humaine : voguer sur une mer de lait infinie pour se disloquer en une bouillie informe dans le tout de l’univers)
  • Le cœur de la salade est-il le lieu de résidence d’un royaume imaginaire (N.B: Croquer dans une limace à l’aube de mes vingt ans parce que j’avais eu la flemme de laver une laitue a été une forme de réponse) ?
  • Votre chien Caramel est-il heureux dans cette ferme digne d’un Disneyland pour animaux dans laquelle vos parents l’ont amené (N.B: Vous aviez déjà ressenti un vague parfum d’arnaque à l’époque, car Caramel se cachait sous le canapé à la simple vue de sa propre ombre) ?


Et puis un jour, vous vous demandez si cette magie s’est enfuie sur ses petites pattes quelque part aux Bahamas, sans vous. Comme lorsque vous vous retrouvez à réaliser votre 18 ème camembert excel de la journée alors qu’il fait beau dehors.

« Cause de la mort : Microsoft Excel »

Ou que vous apprenez ce qu’il est réellement arrivé à votre chien Caramel (Spoiler : Il n’a pas fini ses jours à se faire gratter le ventre, sur un lit de croquettes au poulet servi sur feuilles d’or, mais plutôt en mode crêpe de bord d’autoroute).

« Mon chien est mort »/ « Bien »

Ou lorsque vous vous rendez compte que, contrairement à ce que vous ont toujours soutenu mordicus vos parents, la gentillesse ne vous aidera pas à surmonter toutes les épreuves (Ces derniers avaient oublié de mentioner qu’un jour, il pourrait advenir que certaines personnes puissent emporter un bout de votre cœur en lambeaux, tout en se délectant du cadavre encore chaud de votre bonté).

Ou encore, quand vous vous réveillez un beau matin dans un monde où se toucher, danser et rire aux milieux d’une foule d’autres êtres humains transpirants, savourer la découverte d’un pays inconnu, ou un simple verre en terrasse, relève de la science fiction….

Alors, où est-elle partie cette magie, nom de dieu ? Sommes-nous tous donc condamnés à nous rouler dans la fange de l’existence, au beau milieu des cadavres de nos fantaisies, de nos rêves, et de nos espoirs les plus fous ? Faut-il définitivement faire une croix sur ces petites choses merveilleuses qui nous remplissaient tant d’allégresse et revêtir à jamais cette peau d’adulte quelque peu terne et râpée par la vie ?


Je n’ai pas trouvé la formule magique qui transformera votre existence en océan de félicité constante (si c’était le cas, je serais la première à me rouler dans un doux champ de nuage, contemplant mes arbres merveilleux dont les fruits seraient des livres et des cake au citron).

Puisque comme pour les gâteaux, il est toujours bon de partager ce qui tend à faire du bien, les lignes qui vont suivre, si elles ne mettent pas vos vies sens dessus dessous, peuvent dans le meilleur des cas vous faire passer un petit moment de lecture que vous n’emploierez pas à réfléchir sur une énièe théorie étrange (non, le dieu des canards n’a définitivement pas décidé de prendre le contrôle de nos esprits par voie aérienne), voire vous faire sourire. Et si au passage, certaines choses évoquées ont une résonnance quelconque avec votre vécu, et bien, je dégusterais en pensée avec vous l’une de ces profiteroles existentielles (Il s’agit ailleurs du monde d’ une des choses du monde d’avant qui me manque terriblement, les profiteroles…).

Il est évident que ce post se devait d’inclure une photo de la sorte. Contemplez donc la merveille pure de ces trois fières profiteroles.

1. Spoiler 1 : Vous allez mourir un jour. Voilà.

Vous sentez l’allégresse qui se dégage d’entrée de ce post (nous sommes des rois de l’ambiance de folie par ici) ?

Nul besoin de vous faire un dessin : comme Elon Musk, comme le gentil épicier qui vous fait toujours cadeau d’un fromage, comme Marie-Thérèse Duboudin qui vous traumatisait en petite section, comme le roi du pétrole, comme l’araignée au coin de votre plafond.

À moins de se transformer en tardigrade (certes immortel, mais plus proche du raisin mutant), il y a peu de chances d’échapper au sort qui guette la plupart des êtres vivants.

Face à ce constat fort peu jouasse (du moins, beaucoup moins que la perspective d’un voyage en Nouvelle-Zélande ou que la dégustation de noix de cajou), il y a l’option de se flageller en songeant à l’absurdité profonde de la destinée humaine, tout en en se gorgeant de citations de Cioran toutes plus pleines de paillettes les unes que les autres (N.B: J’ai toujours aimé le paradoxe qu’un Cioran réputé de nature joyeuse soit celui qui écrive: « Quiconque n’est pas mort jeune mérite de mourir »). Pour en avoir fait l’expérience lors de mon adolescence, en accompagnant le tout des charmes d’une bande sonore appropriée (quand je vous dis qu’on a un sens profond de la fête par ici), cela a le mérite de vous plonger dans le vif du sujet.

Il y a aussi de celui de l’hyperconscience de cet état de fait, incitant à vivre sa vie comme un hamster découvrant une grande roue : vite, beaucoup, intensément, en ne se refusant rien, comme si chaque seconde était la dernière. Si cette philosophie a pour avantage de vous laisser boire, bâfrer, tout tenter, tout ouloir, elle s’est vue buter pour moi contre deux obstacles : celui de ma passion pour le fait de dormir (dormir, c’est un peu la porte du paradis à portée de couette) et ma santé mentale (Tout vouloir, c’est bien, ne faire les choses qu’à moitié parce que l’on a du temps pour rien au final est déjà moins sympathique). Ma conclusion a été que l’existence est suffisament chargée de montagnes russes pour s’en ajouter 100 000 à la seconde (j’aime les montagnes russes, mais j’ai tendance à vomir assez facilement ma barbe à papa dedans).

Et puis, j’en suis venue à la pensée suivante : le plus important, au fond, c’est d’être avant tout sincère avec soi-même (une chose et des mots que je partage pronfondément avec l’un de mes anti-héros personnels fantastiques). Je n’aurai décemment pas la possibilité de faire 118 fois le tour du monde à dos de canard magique volant, pas plus que de devenir une experte du quintuple saut en trampoline (j’adorerais, mais ma maladresse doit s’accomoder de certaines arrangements). Je ne pourrai pas lire tous les livres du monde, pas plus que de voir tous les films de la création, si je compte avoir un tant soit peu de vie sociale (j’ai ce défaut profond d’aimer les gens). Je ne pourrai pas non plus mener 100 000 projets de fonds qui me tiennent à coeur, et disposer d’un teint de rose parfaitement reposé (ces dernières semaines, j’ai appris ma leçon en contemplant mon coeur, certes rempli d’allégresse, mais mes cernes dignes du grand Canyon, assorties à mon organisme au bout de sa vie).

La seule responsabilité que je puisse avoir dans ce marasme apparent, c’est de définir ce qui me fera dire, lorsque je serai sur le point de pousser mon dernier souffle (peut être entourée de mon armée de canards magiques, et de mon arbre à cake au citron) : « Je n’ai pas pu tout faire, mais je me suis plongée sincèrement dans l’essentiel. ARG ».

2. Spoiler 2 : Être gentil c’est bien. Savoir clairement dire « merde », ou « je passe », c’est bien aussi.

Ce n’est pas faute d’avoir eu des modèles de personnes qui ne cherchaient pas à arrondir les angles à tout prix comme cette dame là, ou ce monsieur encore, ou des exemples de parents qui ont toujours valorisé l’importance de ne jamais s’enfermer dans la voix de l’opinion générale, j’avais toujours eu en tête l’image sans tâche d’une gentillesse absolue, droite dans la tempête, stoïque même dans la déception la plus profonde.

Pour moi, l’adage de toujours donner sa joue gauche en supplément de sa fesse droite, en cas de claque existentielle, était ce qui me semblait le plus naturel du monde, car forcément, la gentillesse finirait par triompher de tout.

Et puis j’ai réalisé qu’il y avait en ce monde des gens gentils et positifs en toutes circonstances, chez qui un nouvel appendice avait commencé à pousser : un énorme dard d’amertume, bien purulent à force de donner sans demi-mesure.

Il y avait aussi ceux parfaitement honnêtes dans leur soucis de bienveillance, mais dôtés d’un manque absolu de sincérité avec eux-mêmes (ces êtres étranges nommés « les plus gentils de la planète », qui se transforment en cauchemard dès lors qu’un obstacle vient contrarier leur cadre du monde de bonté :  » Tu as rejeté ce petit pois ???? TU N’AIMES PAS LES PETITS POIS ? Oh que tu es mauvaiiiiiiiiise ! »).

La gentillesse est une vertue sans pareille, il va s’en dire. Mais à moins d’être la perfection incarnée, il y aura forcément des épisodes où l’on aura du mal à tendre la joue droite après que l’on vous ait emporté un bout de rein au passage.

Le postulat qui a tout changé pour ma personne ? Celui qu’il y a dans ce monde énorméments de personnes chouettes à aimer, et peu de temps pour le faire. Alors autant se concentrer parfois sur celles qui vous font du bien, tout en affichant très clairement ce qui constitue vos valeurs fondamentales : la confiance naturelle en l’être humain, mais aussi votre capacité à dire haut et fort « je passe » si l’on utilise la vôtre en guise de paillasson.

3. Spoiler 3 : Sachez invoquer les meilleurs aspects de votre enfant intérieur lorsque c’est nécessaire

Chez moi, il y a toujours l’enfant qui peut s’émerveiller sans se lasser devant une colonne de fourmis en train de porter des bouts immenses de gâteaux. Il y a celle qui considère comme quelque chose d’essentiel la magie des livres, la forme sympathique d’un caillou, et le fait d’avoir le temps de s’y adonner.

Il y a aussi celle et ses peurs de l’enfance, ces travers qui lui font le monde un peu terrifiant, qui la font s’y sentir parfois étrangère.

C’est une chose bien paradoxale que cet enfant intérieur qui est capable de vous rendre sensible au meilleur de l’univers, tout en étant capable de vous balancer toutes les pelletées d’insécurités auxquelles il/elle a pu être confronté(e).

La mienne, il nous a fallu un peu de temps pour vivre en parfaite harmonie, savoir parfois ce qui provenait de ses points à elle encore sensibles, ou de ma voix d’adulte. Mais comme nous avons de quoi bien nous entendre (je l’approvisionne encore en chocolat, contes et légendes, et chiens poilus à gratter en couinant de joie), que j’ai appris à l’écouter et à la raisonner sans avoir à l’étouffer sous un coussin (elle reste plus rapide que moi dans tous les cas), elle et moi avons su former un partenariat plutôt sympathique.

Lorsque que mon esprit est trop enfoncé dans des problèmes essentiels d’adultes, c’est elle qui vient me tapper sur l’épaule en me disant qu’il y a un milliard de chiens à gratter et des petits rêves à poursuivre qui demandent mon attention. Lorsque je m’essoufle à poursuivre les dits rêves, c’est encore elle qui me fait rigoler, en me disant de prendre le temps de savourer l’épopée, que la course elle-même, les paysages traversés sont tout aussi palpitants que l’objectif.

(Comme d’habitude, je ne sais pas comment conclure ce post, alors je vous donne le choix de vous perdre dans cette vidéo racontant l’histoire d’une adoption d’écureuil, de regarder un court-métrage animé fort intriguant sur le serial killer Ramirez et ses groupies, ou d’écouter cet épisode de Transfert sur comment un journaliste français se retrouve star à son insu de la tournée de Pink Floyd. Vous pouvez aussi jeter une oreille au dernier épisode de mon podcast, tout en anglais pour le moment, mais les sous-titres débarquent dès demain).

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